Le mardi 13 octobre 2026, l’AFOCO a consacré un webinaire aux évolutions des guides méthodologiques encadrant la valorisation des matériaux alternatifs. À cette occasion, le Cerema a présenté les principales avancées des référentiels, avec un focus sur la révision de 2025 du guide relatif aux infrastructures linéaires de transport terrestre et sur les nouvelles perspectives offertes par les guides dédiés aux aménagements.
La publication, en mars 2011, du guide méthodologique général du Sétra a constitué une première étape majeure. Elle a permis de définir un cadre commun d’évaluation, en remplacement des approches au cas par cas, pour la valorisation des matériaux alternatifs en technique routière.
La révision de 2025 marque une nouvelle étape, avec un élargissement du périmètre d’application et un renforcement des exigences relatives à la caractérisation, à la qualité et à la traçabilité des matériaux.
La révision de 2025 : un périmètre élargi aux infrastructures de transport terrestre
L’une des principales évolutions concerne le passage des seules techniques routières aux infrastructures linéaires de transport terrestre.
Le cadre méthodologique couvre désormais un ensemble plus large d’ouvrages, notamment :
- les infrastructures routières, telles que les routes et les autoroutes ;
- les infrastructures ferroviaires et les voies ferrées ;
- les voies cyclables, les liaisons douces et les aménagements dédiés aux mobilités actives, ainsi que les aménagements connexes prévus par le guide.
Les domaines d’emploi sont également définis en fonction des conditions d’utilisation et d’exposition des matériaux. Les catégories T1, T2 et T3 distinguent respectivement les usages avec couverture étanche, les usages avec couverture semi-perméable et les ouvrages non recouverts, directement exposés aux intempéries.
Cette évolution permet d’adapter les modalités d’évaluation aux différents contextes d’emploi, tout en conservant une démarche méthodologique commune.
Des exigences renforcées en matière de qualité et de traçabilité
La révision accorde une place plus importante à la maîtrise des risques sanitaires et à la traçabilité des matériaux alternatifs.
Pour les usages de type T3, une évaluation des risques sanitaires est requise. Ces usages concernent notamment les remblais et les merlons non recouverts, exposés directement aux intempéries. L’évaluation doit ainsi tenir compte des conditions d’exposition propres aux ouvrages concernés.
La maîtrise de la qualité repose également sur deux dispositifs complémentaires :
- L’annexe environnementale, document contractuel qui précise notamment la provenance des matériaux et les essais réalisés sur les lots.
- Le Plan de Maîtrise de la Qualité (PMQ), qui encadre les contrôles effectués par le producteur ou le fabricant, ainsi que les autocontrôles de réception sur site.
Le guide fait par ailleurs évoluer les modalités de caractérisation de la conformité environnementale et sanitaire. Selon les conditions d’élaboration des matériaux et les usages envisagés, la vérification peut porter sur les matériaux entrants, les matériaux élaborés ou les matériaux formulés.
Plusieurs adaptations concernent également les protocoles d’essais, certains paramètres analysés et les valeurs limites applicables, notamment pour certains anions et éléments traces métalliques.
Le référentiel précise enfin les modalités de vérification de la conformité, la périodicité des contrôles, les conditions de stockage et les règles de gestion des lots.
Une nouvelle étape : les guides dédiés aux aménagements
Le webinaire a également mis en lumière l’élargissement du dispositif aux projets d’aménagement, avec une approche complémentaire de celle des infrastructures linéaires.
Les deux cadres se distinguent principalement par la géométrie des ouvrages et les scénarios d’exposition pris en compte.
- Le guide « Infrastructures » concerne les ouvrages linéaires continus, tels que les voies routières et ferroviaires. L’évaluation des transferts de lixiviats tient compte de la géométrie linéaire des ouvrages.
- Le guide « Aménagement » s’applique aux projets surfaciques, ponctuels ou complexes, tels que les zones d’aménagement concerté (ZAC), les parcs d’activités, les plateformes et certains aménagements paysagers.
Cette complémentarité vise à mieux adapter les exigences environnementales et sanitaires à la diversité des projets, qu’il s’agisse d’infrastructures linéaires ou d’aménagements.
Un focus sur les matériaux de déconstruction du BTP
Le webinaire a ensuite abordé le guide « Valorisation de matériaux alternatifs en infrastructures linéaires de transport terrestre : les matériaux de déconstruction du BTP », élaboré par le Cerema avec la contribution de plusieurs acteurs de la filière, dont l’AFOCO.
Ce guide décline le cadre méthodologique général pour des matériaux issus de la déconstruction du bâtiment et des travaux publics. Les gisements concernés comprennent notamment :
- le béton ;
- les briques, tuiles et céramiques ;
- le verre ;
- les mélanges bitumineux ne contenant pas de goudron ;
- les terres et cailloux ne contenant pas de substances dangereuses ;
- les ballasts de voie répondant aux conditions précisées dans le guide.
L’objectif est de définir les conditions dans lesquelles ces matériaux peuvent être valorisés dans les infrastructures, en fonction de leurs caractéristiques et des usages envisagés.
Trois options de vérification de la conformité
Le guide présente trois options pour vérifier la conformité environnementale et sanitaire des matériaux, à choisir en fonction de leur nature, de leur élaboration et de leur utilisation.
- Option 1 : vérification sur les matériaux entrants : la caractérisation porte sur les matériaux reçus avant leur transformation ou leur élaboration.
- Option 2 : vérification sur les matériaux élaborés : les contrôles sont réalisés sur les matériaux après leur élaboration. Lorsque plusieurs fractions granulométriques sont produites à partir d’un même stock, la vérification peut, sous les conditions prévues par le guide, porter uniquement sur la fraction la plus fine.
- Option 3 : vérification sur le matériau formulé : cette option concerne les situations dans lesquelles plusieurs matériaux sont mélangés pour obtenir une formulation destinée à un usage donné.
Dans tous les cas, le mélange ou la formulation ne doit pas servir à diluer un matériau non conforme pour atteindre artificiellement les critères d’acceptabilité environnementale et sanitaire.
Le document précise également les modalités de traitement des résultats d’analyse : lorsque plusieurs analyses sont réalisées sur un même lot ou sur la production d’une même période, les médianes des résultats sont retenues, conformément aux dispositions applicables du guide.
Des évolutions des paramètres et des valeurs limites
Le référentiel prévoit des adaptations des paramètres à analyser et des valeurs limites selon la nature des matériaux et les domaines d’emploi.
Pour le béton et les matériaux mixtes, les seuils relatifs aux sels et aux métaux lourds évoluent pour les usages T1 et T2. Des paramètres sanitaires, notamment certains hydrocarbures et métaux lourds, sont également ajoutés pour les usages T3.
Pour les enrobés, le paramètre HC C10-C21 est retiré et le naphtalène est ajouté.
Ces évolutions visent à adapter la caractérisation aux propriétés des matériaux, aux conditions d’exposition et aux usages envisagés. Elles s’inscrivent dans une démarche de vérification structurée, destinée à sécuriser la valorisation des matériaux de déconstruction du BTP.
Les points à retenir
La présentation rappelle plusieurs principes fondamentaux de la valorisation des matériaux alternatifs :
- les matériaux concernés doivent répondre aux conditions prévues par le cadre méthodologique ;
- la caractérisation environnementale et sanitaire doit être adaptée aux matériaux et aux usages envisagés ;
- les exigences de qualité et de traçabilité doivent être prises en compte ;
l’évaluation des problématiques environnementales et sanitaires liées aux matériaux et à leurs usages ne remplace pas l’étude géotechnique, qui est menée en parallèle.
La démarche générale est ainsi conservée, avec une intégration du volet sanitaire pour certains usages et des modalités de vérification précisées dans le guide consacré aux matériaux de déconstruction du BTP.
SUIVEZ NOUS
AFOCO
Chez SURSCHISTE,
ZI La Croisette,
Rue Auguste Mariette
62300 LENS
contact@afoco.org
ACCÈS RAPIDE
NOTRE OBJECTIF
Afin d’atteindre notre objectif de décarboner les filières BTP et industries, nous développons des technologies innovantes, des collaborations stratégiques et des solutions durables.
SUIVEZ NOUS
AFOCO
Chez SURSCHISTE,
ZI La Croisette,
Rue Auguste Mariette
62300 LENS
contact@afoco.org
ACCÈS RAPIDE
NOTRE OBJECTIF
Afin d’atteindre notre objectif de décarboner les filières BTP et industries, nous développons des technologies innovantes, des collaborations stratégiques et des solutions durables.
SUIVEZ NOUS
AFOCO
Chez SURSCHISTE,
ZI La Croisette,
Rue Auguste Mariette
62300 LENS
contact@afoco.org
ACCÈS RAPIDE
NOTRE OBJECTIF
Afin d’atteindre notre objectif de décarboner les filières BTP et industries, nous développons des technologies innovantes, des collaborations stratégiques et des solutions durables.
Copyrights © Afoco 2026 • Mentions légales • Politique de confidentialité • Conception : Studio LN



